Azart
2009
Complètement surréaliste !
Cette exclamation appartient désormais à notre langage courant.
Et nombre d'artistes actuels, du très médiatique Jeff Koons à la jeune génération à peine diplômée des écoles d'art; font encore la part belle aux concepts, aux modèles et surtout à l'audace de la bande à Breton.
En 1942, aux étudiants de Yale, Breton ne déclarait-il pas que "le Surréalisme est né d'une affirmation de foi sans limites dans le génie de la jeunesse" ?
Rien d'étonnant, dans cette mesure, à ce que tout nouvel artiste revendique une filiation avec ce mouvement!
Oui mais gare aux gardiens du Temple : "nul ne peut se prétendre surréaliste sans être reconnu par eux", estiment-ils... Qui, eux ?
Des groupuscules disséminés dans le monde entier, correspondant les uns avec les autres et rassemblés, aujourd'hui encore, autour des ultimes témoins des dernières apparitions en public de Breton. A titre d'exemple, en France : sitôt la dissolution officielle du groupe, en 1969, l'écrivain Vincent Bounoure entrait en résistance. À ses côtés, une poignée de personnalités, estimant elles aussi que l'on ne pouvait enterrer le Surréalisme (Michael Löwy, Michel Lequenne ou Michel Zibecca) entretinrent la flamme. Et ils cooptèrent, à partir de 1990, de nouveaux membres, comme l'artiste turque Ody Saban. Critères ? Selon elle, "ni une école, ni un style, mais une façon de vivre. Et de mener des expériences collectives !".

